REVUE MENSUELLE
Édition septembre 2026
Environnement économique et géopolitique
La zone euro a surpris positivement en août, avec une dynamique macroéconomique plus solide qu’anticipé. Mais les divergences entre pays se creusent, à un moment où la Banque centrale européenne (BCE) se prépare à resserrer sa politique monétaire. La croissance du PIB au T2, à +0,4 % par rapport au T1, dépasse nettement les attentes (+0,2 %), portée par le rebond de l’Allemagne, tandis que la France échappe de justesse à la récession. Ce chiffre confirme une reprise graduelle, soutenue par le redressement du secteur manufacturier et par une demande externe plus vigoureuse, en particulier pour l’Allemagne. Le PMI manufacturier flash de la zone euro atteint 52,8 en août, son plus haut niveau depuis plus de quatre ans, avec une composante emploi qui sort enfin de quatre années de contraction consécutive. L’amélioration est particulièrement marquée en Allemagne, où le PMI manufacturier bondit à 54,1, son niveau le plus élevé depuis 2022. L’enquête Ifo d’août s’inscrit dans la même tendance : le moral des exportateurs allemands atteint son plus haut niveau depuis février 2022 et enregistre sa plus forte progression mensuelle depuis juin 2020, notamment dans les équipements électriques, le matériel informatique et l’électronique, des secteurs directement exposés au cycle de l’IA.
L’industrie automobile affiche également un optimisme nettement plus affirmé qu’au cours des mois précédents. À l’inverse, la France demeure le point faible de la zone euro. Son PMI composite recule à 48,8 en août, signant un huitième mois consécutif sous le seuil de 50, tandis que les services tombent à 48,4, pénalisés par les fortes chaleurs estivales et par la faiblesse de la demande intérieure. Cette divergence croissante entre une Allemagne industrielle en accélération et une France davantage tertiarisée, qui stagne et a du mal à stabiliser son budget, complique le calibrage de la politique monétaire de la BCE.
