Flash MENSUEL
Société Générale Gestion

Édition Avril 2026


L'essentiel

L’actualité géopolitique est dominée en mars par une forte intensification du conflit iranien.

Au cours du mois, les États-Unis ont multiplié les ultimatums, Donald Trump a alterné les menaces et repoussé à plusieurs reprises des délais qu’il avait lui-même fixé ; tandis qu’Israël est resté sur une ligne plus constante, avec un objectif clair : affaiblir durablement les capacités militaires, nucléaires et énergétiques iraniennes.

L’Iran a riposté sans céder, et a frappé des positions américaines dans la région, menacé des infrastructures critiques dans le Golfe, utilisé ses relais régionaux et surtout imposé un quasi-verrouillage du détroit d’Ormuz.

C’est le point clé du mois. Ormuz concentre en effet environ 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz.

Pour l’Europe et l’Asie, la vulnérabilité est bien plus forte que pour les États-Unis. Le choc a d’ailleurs dépassé le seul pétrole : il a aussi touché le gaz, les produits raffinés, certains intrants pétrochimiques, l’hélium, ainsi qu’une partie des flux industriels et agricoles.


Le deuxième risque a concerné la mer Rouge et notamment un autre détroit, celui de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au canal de Suez, un autre point de passage stratégique pour l’acheminement de l’énergie et des marchandises vers l’Europe. Le marché a craint qu’une extension des tensions à cette zone ne crée un double choc logistique.


À la fin mars et au début avril, le risque était celui d’un enlisement américain dans un bourbier régional, avec en arrière-plan la menace d’une intervention au sol autour de sites stratégiques comme l’île de Kharg, principal hub d’exportation du pétrole iranien.

Mais plus la pression montait en parallèle pour l’administration américaine, que ce soit sur les taux, le prix de l’essence ou l’opinion publique américaine, et ce à quelques mois des élections de mi-mandat, plus l’hypothèse d’un rétropédalage devenait crédible.

C’est ce qui s’est finalement produit le 7 avril. Washington et Téhéran ont accepté une pause de deux semaines en échange d’une réouverture du détroit d’Ormuz. Cette trêve fragile ne règle pas tout sur le fond, mais elle a suffi à écarter, au moins temporairement, le scénario du pire. C’est ce que les marchés ont immédiatement intégré en rebondissant fortement.


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